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Mieux comprendre et traiter les cervicalgies

Avez-vous déjà ressenti des douleurs au niveau du cou, accompagnées par une raideur de la nuque et une limitation de sa capacité de mouvement?

Les cervicalgies sont parmi les troubles musculo-squelettiques les plus fréquents. Environ ⅔ de la population connaît au moins un épisode de cervicalgie au cours de sa vie. On estime qu’un adulte sur deux et un tiers des adolescents en souffre au moins une fois par an. Chez l’enfant, de plus en plus de cas de torticolis congénitaux sont diagnostiqués, même si leur prise en charge reste souvent incomplète, faute d’expertise sur l’équilibre du bassin.

A l’examen clinique, en dehors des causes traumatiques ou pathologiques, on constate que les cervicalgies sont systématiquement l’expression, à plus ou moins long terme, d’un déséquilibre postural.

Le dénominateur commun de ce déséquilibre, à tous les âges, est le bassin: enchâssé entre les deux os iliaques qui tiennent le rôle de pierres angulaires, le sacrum est le plateau de soutien de la colonne vertébrale, avec à son sommet le crâne. Sans alignement entre les iliaques, le sacrum perd son horizontalité physiologique: c’est l’ensemble de l’organisation posturale du corps qui est affectée. 

L’anneau osseux pelvien, et son équilibre au niveau des iliaques, est un prérequis pour la répartition harmonieuse de la charge du tronc sur les membres inférieurs. Pourtant, à la première consultation, près de 100% des adultes ont un bassin en déséquilibre. Ce triste constat est pourtant évitable,à condition de porter attention au préalable aux causes profondes des torticolis de l’enfant et des attitudes scoliotiques de l’adolescent.

Les principales causes de cervicalgies

Le rachis cervical est la section la plus mobile de la colonne vertébrale. Il nous permet de maintenir et d’orienter notre tête (environ 5 kg) dans presque toutes les directions. Mais cette grande liberté de mouvement rend la zone vulnérable, ce qui la limite très vite lorsque les troubles musculo-squelettiques apparaissent. 

On définit les cervicalgies par les raideurs et douleurs au niveau de la nuque qui peuvent irradier vers le haut du dos, la tête ou encore l’épaule et le bras.

Les cervicalgies sont l’expression de symptômes douloureux qui peuvent relever d’affections bénignes ou graves. La littérature les classifie en trois groupes principaux: 

  • Cervicalgies d’origine traumatique,
  • Celles secondaires à une pathologie,
  • Et enfin, les cervicalgies non spécifiques, dites communes, qui constituent la très grande majorité.

Voici quelques explications sur ces trois catégories. 

1. Les cervicalgies d’origine traumatique

Il s’agit de douleurs consécutives à un traumatisme direct ou indirect au niveau de la région cervicale. Ce type de traumatisme est appelé «coup du lapin» ou «whiplash injury». Ils peuvent provoquer entorses, subluxations, luxations ou encore fractures cervicales. Les symptômes peuvent apparaître immédiatement après le choc ou à distance.

2. Les cervicalgies secondaires

cause-cervicalgie 

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Elles sont le symptôme d’une pathologie sous-jacente. Généralement, elles durent plus de trois mois et sont donc chroniques. Parmi les plus courantes, on trouve:

  • La cervicarthrose ou arthrose cervicale, très fréquente après 40 ans, est souvent asymptomatique. En cas de symptômes douloureux, même si l’Ostéothérapie Méthode Bounine™ ne peut améliorer l’état du cartilage abîmé, elle permet de façon drastique la diminution voire la disparition des cervicalgies.
  • Une spondylodiscite d’origine infectieuse (comme la tuberculose) ou une inflammation rhumatismale (comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante ou une chondrocalcinose) qui engendrent un pic de douleur en milieu de nuit. Ici encore, les cervicalgies diminuent après le rééquilibrage du bassin et de la colonne; ce qui contribue considérablement à l’amélioration du repos, et donc à l’état général des malades.
  • Une névralgie d’Arnold, où la compression des nerfs occipitaux est directement liée au déséquilibre postural, responsable du dysfonctionnement musculo-squelettique et aponévrotique environnant. Là aussi, le retour à l’équilibre est déterminant.
  • Une névralgie cervico-brachiale, issue de la compression ou de l’irritation d’un nerf du plexus brachial. Le mode d’apparition est généralement similaire à la névralgie d’Arnold, et l'amélioration des symptômes après rééquilibrage est également significative.

3. Les cervicalgies non spécifiques

Les cervicalgies non spécifiques constituent la grande majorité des cas. Elles peuvent se déclencher pour des raisons diverses, et les facteurs favorables d’apparition sont souvent combinés. Toutefois, ce qui provoque la sensation douloureuse est toujours, in fine, la contraction réflexe des tissus musculaires et aponévrotiques en souffrance. 

Voici les facteurs majeurs d’apparition de ce type de cervicalgies : 

Les cervicalgies d’origine posturale

Les mauvaises postures prolongées constituent le principal facteur favorisant l’apparition des cervicalgies; que ce soit au travail, pendant le sommeil... et surtout face aux écrans! Téléphones, télévisions, laptops et autres appareils hypnotiques sont les meilleurs amis des postures toxiques prolongées.

Les torticolis de l’enfant

Quelques jours ou quelques semaines après la naissance, les nouveau-nés peuvent développer ce que l’on appelle un torticolis congénital, souvent accompagné par une plagiocéphalie. En termes de prévalence, c’est la troisième pathologie néonatale après la dysplasie de hanche et le pied-bot.

Comme chez l’adulte, le torticolis congénital a souvent pour origine une malposition prolongée. En effet, les contraintes intra-utérines sur le fœtus peuvent entraîner directement une position vicieuse prolongée du rachis cervical, ou indirectement via une instabilité voire une luxation congénitale de hanche.

En cas d'asymétrie congénitale du bassin, on observe généralement une attitude scoliotique thoracolombaire, ce qui favorise considérablement l’apparition des torticolis congénitaux.

En outre, les accouchements difficiles peuvent provoquer des torticolis congénitaux dits “accidentels”: en tirant le nouveau-né par le crâne ou le creux axillaire, d’autant plus si c’est réalisé avec des ventouses ou forceps.

Enfin, il n’est pas rare d’observer entre la naissance et l’âge adulte, une tendance aux épisodes de torticolis chez les enfants qui ont connu des torticolis congénitaux. En cause, le bassin n’a pas été pris en compte lors du diagnostic initial.

Les torticolis de l’adulte

Les torticolis apparaissent le plus souvent au réveil avec les muscles sterno-cléido-occipito-mastoïdiens, scalènes, élévateur de la scapula, trapèze et platysma (entre autres) intensément contractés d’un côté. Les aponévroses qui sont intriquées avec ces muscles comme la lame superficielle du fascia cervical, le ligament nucal ou encore le fascia cervical profond (entre autres) seront elles aussi contractées et raides. 

En cause, probablement une posture inadéquate pendant la nuit, mais cette survenue est généralement concomitante avec un ou plusieurs autres cofacteurs d’apparition. En particulier, le déséquilibre fondamental dans l’organisation posturale du corps, déjà présent en amont.

Si le torticolis s’installe de manière permanente, on parle alors de torticolis spasmodique. Dans ce cas, le fonctionnement du système nerveux présente des anomalies d’ordre neurophysiologique (probablement d’origine psychique) qui provoquent une dystonie cervicale, c'est-à-dire des contractions involontaires et intermittentes des muscles du cou. 

Les cervicalgies d’origine occlusale

On entend par occlusion le contact entre les dents de la mâchoire supérieure et celles de la mâchoire inférieure. Idéalement, les surfaces dentaires en question (au niveau des molaires), sont congruentes: elles s’imbriquent sans contrainte les unes entre les autres.

Si cet équilibre occlusal est perturbé (par exemple en cas de plombage mal ajusté ou de traitement orthodontique pour des raisons esthétiques et non fonctionnelles), les fonctions orofaciales (succion, déglutition, mastication, respiration et langage) seront elles aussi impactées.

Face à ce déséquilibre proprioceptif, le corps va mettre en place des compensations neuromusculaires pour assurer la continuité des fonctions orofaciales. Ce stress sur les muscles et aponévroses de la mâchoire et du cou va, comme dans le cadre des cervicalgies d’origine posturale, engendrer à terme l'apparition de symptômes douloureux.

En cas de cervicalgies d’origine occlusale, les praticiens de l’Ostéothérapie Méthode Bounine™ peuvent améliorer momentanément l’état symptomatique en travaillant sur les attaches osseuses des muscles et des aponévroses de la mâchoire, de la face et du cou. Cependant, aucune amélioration pérenne ne sera possible sans l’intervention en occlusodontie d’un chirurgien-dentiste. 

Les cervicalgies dues au stress, à un état dépressif, ou à une dystonie neurovégétative

Le corps utilise volontiers la psychosomatisation pour «soulager» sa psyché. Autrement dit, il transforme une souffrance psychique, un mal-être, en une souffrance physique par la crispation et l’enraidissement de tissus musculaires et aponévrotiques. Ce phénomène psychosomatique est suffisamment puissant pour déclencher à long terme une pathologie tout à fait objectivable comme la névralgie d’Arnold.

La psychosomatisation est une forme de langage corporel. C’est le moyen par lequel le corps s’exprime, le plus souvent de manière symbolique. En l'occurrence, la région cervicale est symboliquement le lien entre le cœur (l’affect)  et la raison.

Les cervicalgies non spécifiques sont plutôt bénignes à court terme. Mais leur accumulation et le caractère chronique dans lequel elles peuvent évoluer sont susceptibles d’engendrer des conséquences graves et doivent être considérés avec attention.

Comment soulager les cervicalgies

Les cervicalgies sont essentiellement l’expression douloureuse d’un dysfonctionnement biomécanique, en l'occurrence l’état de contracture des tissus musculaires et aponévrotiques du cou.

Il existe plusieurs techniques pour améliorer cet état symptomatique et faire diminuer les douleurs. La médecine conventionnelle propose des traitements à base d’antalgiques associés à des myorelaxants et éventuellement des corticoïdes. Outre les effets secondaires indésirables, ce genre de traitement est non spécifique, ne prend pas en compte les aponévroses, et présente un caractère d’accoutumance qui le rend de moins en moins efficace à chaque administration (et incite par conséquent à augmenter les doses et donc les risques). Sans parler du scandale des antalgiques à base d’opioïdes comme l’Oxycontin™, hautement addictifs, sachez que les corticothérapies présentent elles aussi de sérieux risques de dépendance.

En dehors d’un contexte infectieux ou traumatique, il est de mise classiquement de s’adresser en priorité aux praticiens de thérapies manuelles telles que:

  • Massothérapie, 
  • Kinésithérapie, 
  • Ostéopathie, 
  • Ou encore la chiropraxie.

L’Ostéothérapie Méthode Bounine™ est une thérapie manuelle dont l’essence et la particularité sont d’aider le corps à retrouver lui-même sa posture idéale, à partir du bassin, où le système musculosquelettique et aponévrotique est dans un état de tenségrité, grâce au réflexe proprioceptif.

 

Au cours d’une consultation d’Ostéothérapie Méthode Bounine™, les os iliaques d’abord et le sacrum ensuite, vont retrouver leurs positions optimales d’équilibre: à savoir une horizontalité parfaite et vérifiée au micron. Ainsi, le reste du rachis (lombaire, thoracique et cervical) pourra désormais reposer sur une base stable et horizontale, et sera alors à son tour en mesure de se libérer pour de bon des troubles musculo-aponévrotiques qui perturbent son fonctionnement.

En appuyant de manière similaire aux techniques de type «trigger point» sur les points clés de l’organisation posturale du rachis, les praticiens de la Méthode Bounine aident les corps à réguler leurs tensions myofasciales jusqu’à leur harmonisation globale, et la libération de toutes les raideurs «parasites» qui provoquent les symptômes.

Comment rétablir l’harmonie biomécanique de la région cervicale?

 anatomie-cou 

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Le caractère multifonctionnel inhérent à la région cervicale impose un ajustement minutieux de plusieurs paramètres fondamentaux:  

1. L’équilibre du tronc

Le rachis cervical repose sur le rachis thoracique, qui est soutenu par le rachis lombaire. En d’autres termes, les cervicales constituent le “troisième étage” d’un empilement de vertèbres, maintenu en équilibre par le système musculo-aponévrotique sur le “socle” du promontoire sacré, encadré par les deux piliers coxaux ou iliaques.

D’un point de vue architectural, on comprend aisément l’importance d’avoir des fondations stables et rigoureusement horizontales: pour que les premier, deuxième et troisième étages ne soient pas soumis à un déséquilibre structurel, et donc à des contraintes mécaniques qui affaiblissent l’édifice.

Par analogie, en stimulant les points-clés de l’autorégulation proprioceptive, les praticiens de l’Ostéothérapie Méthode Bounine™ incitent les corps à harmoniser leurs tensions musculo-aponévrotiques:

  • Par l’horizontalisation du sacrum; pour remettre les fondations de l’édifice “à niveau”,
  • En retrouvant un équilibre non compensatoire pour le rachis lombaire, thoracique et cervical; pour libérer les premier, deuxième et troisième étages des contraintes induites par le déséquilibre.

2. L’harmonie fonctionnelle entre la tête et les membres supérieurs H3

Simultanément, la région cervicale doit aussi assurer l’équilibre et l’orientation de la tête, et participer à ceux des membres supérieurs. Charnière entre les trapèzes droit et gauche, l’équilibre du rachis cervical est une condition sine qua non à:

  • L’équilibre entre les omoplates,
  • Et, avec les muscles sterno-cléido-occipito-mastoïdiens, à l’équilibre entre les épaules.

Pour ne parler que des quatre premières cervicales, elles reçoivent (entre autres) à la fois les insertions:

  • Des muscles élévateurs de la scapula dont la fonction est littéralement de “suspendre” les omoplates au rachis cervical (sur leurs processus transverses).
  • Du ligament nucal, dont la fonction est de soutenir le poids de la tête (sur les processus épineux de C2, C3, C4).

Une telle diversité et complexité fonctionnelle implique des réglages particulièrement fins entre les différentes structures musculo-aponévrotiques. Pour cette raison, l’harmonisation des tensions entre ces structures n’est réalisable que par le corps lui-même, dans la mesure où il dispose des conditions favorables à cet ajustement.

Dans un prochain article, nous aborderons plus en détail les interactions entre la ceinture pelvienne, la ceinture scapulaire et la ceinture occipito-mandibulaire. En complément des techniques d’ostéopathie craniosacrée, l’Ostéothérapie Méthode Bounine propose une notion d’équilibre ilio-pariétal qui s’inscrit dans la continuité de cette approche thérapeutique.

Comment prévenir les cervicalgies

Les cervicalgies surviennent généralement dans un cadre multifactoriel favorisant leur apparition. Pour pouvoir s’en prémunir, il faut donc prêter une attention constante à plusieurs éléments de notre vie quotidienne. Les «règles» sont simples à réaliser, la difficulté consiste à en faire une habitude et à les adopter de façon systématique:

Ajuster son maintien postural

Les mauvaises habitudes en matière de maintien postural, en particulier devant un ordinateur ou dans les moments de sédentarité, constituent le paramètre principal dans l’apparition des cervicalgies. 

De manière générale, adopter une posture adéquate signifie que le sommet du crâne, le rachis et le sacrum sont alignés sur un axe vertical dans le plan frontal (ce qui n’est possible que si le plateau sacré est horizontal, c’est à dire entre des iliaques alignés). Dans un plan sagittal, la tête n’est ni en avant ni en arrière des épaules, et les épaules ne sont ni en avant ni en arrière des sommets des crêtes iliaques (et des grands trochanters lorsque l’on se tient debout). Cet alignement dans le plan sagittal n’est possible que si les lordoses physiologiques cervicales et lombaires sont respectées. 

Devant un ordinateur, prenez soin de placer l’écran à la hauteur de vos yeux (pour permettre au rachis cervical de maintenir sa lordose physiologique) et en face de vous (pour permettre au rachis de rester en rotation neutre). Veillez également à ce que vos épaules restent relâchées et que vos poignets soient à la même hauteur que vos coudes en réglant la hauteur de votre chaise.

Eviter la sédentarité

Maintenir la même position trop longtemps participe amplement à l’apparition des cervicalgies. A la question «combien de temps?», la réponse est simple: le temps que votre corps est capable d’endurer avant de vous le faire savoir. Ce temps dépend de la position dans laquelle il se trouve, de son état inflammatoire, des troubles musculo-squelettiques qu’il a déjà, de son état émotionnel, de son niveau de fatigue, etc. 

Il faut donc faire des «pauses» de sédentarité en coupant les postures prolongées par des changements de position, du mouvement

  • Sautillez sur place, 
  • Dégourdissez-vous les bras et les jambes,
  • Amenez votre rachis en rotation, side bending, flexion et extension,
  • Enfin, idéalement marchez quelques minutes.

Améliorer la qualité de son sommeil

La qualité et la quantité de sommeil sont aussi des facteurs déterminants. Si vous dormez sur le côté, prenez garde à la courbure latérale de votre rachis cervical: elle doit rester neutre autant que possible, pour maintenir l’alignement physiologique de repos avec le reste du rachis qui est à l’horizontale. 

Si vous dormez sur le dos, choisissez un oreiller plat ou sans oreiller pour ne pas imposer de flexion superflue à votre rachis cervical. Dormir sur le ventre induit généralement une rotation cervicale prolongée, ce qui est propice à l’apparition des cervicalgies.

Faire une activité physique régulière

Le manque d’activité physique est également un facteur d’apparition considérable. Entretenir sa souplesse et sa tonicité, en instaurant des rituels sportifs et d’étirements adaptés à sa condition, est un élément essentiel de la prévention des troubles musculo-squelettiques dans leur globalité. Au moins 30 minutes d’activité physique chaque jour sont indispensables pour se maintenir en forme.

Apaiser son état émotionnel

Enfin, le dernier facteur d’apparition majeur à prendre en compte est l’état émotionnel. Stress, anxiété, mélancolie et traumatismes émotionnels sont notoirement pourvoyeurs de troubles musculaires et aponévrotiques, entre autres au niveau des régions cervicale, crânienne et thoracique haute. 

Par la psychosomatisation, le mal-être psychique est donc lui aussi, au moins en partie, la source de beaucoup de cervicalgies. Instaurez un rituel d’exercices de respiration profonde au moment du coucher pour diminuer votre fréquence cardiaque. Ainsi vous aiderez votre corps à basculer en fonctionnement parasympathique, à évacuer une partie du stress et à en limiter la somatisation.