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Les causes des lombalgies et leur lien avec l’équilibre postural

Les lombalgies désignent les sensations douloureuses au niveau des cinq vertèbres qui composent le rachis lombaire. Elles sont souvent qualifiées de mal du siècle. En effet, on estime qu’au moins 66% à 75% de la population adulte souffre ou souffrira de lombalgies et le nombre de cas ne cesse d’augmenter.

Ces douleurs du «bas du dos», en regard du rachis lombaire, sont fréquentes. Les pics d’apparition sont à l’adolescence et à partir de 45 ans.

Souvent bénignes, elles sont dans la majorité des cas le symptôme d’un déséquilibre postural. Afin de mieux comprendre les causes des lombalgies et les méthodes pour les soulager, voici quelques explications sur leur lien avec la posture du bassin.

Quelles sont les causes des lombalgies?

Les lombalgies sont un symptôme, c’est à dire l’expression corporelle d’un dysfonctionnement. Les causes de douleurs lombaires possibles sont diverses, par leur nature et leur siège. La littérature distingue deux types de lombalgies:

  1. Les lombalgies spécifiques ou symptomatiques

Ce sont les plus rares, mais une anamnèse ainsi qu’un examen clinique rigoureux et des examens complémentaires sont nécessaires pour les repérer.

  1. Les lombalgies communes

Extrêmement fréquentes, avec une prévalence maximale entre 55 et 65 ans, celles-ci sont bénignes même si elles peuvent occasionner des douleurs faibles à aiguës.

Ces différents types de lombalgies peuvent chacune évoluer de manière aiguë ou chronique.

1. Comment diagnostique-t-on les lombalgies spécifiques et leurs causes?

L’hypothèse diagnostique doit être évoquée lorsque les lombalgies s’accompagnent de signes de gravité tels que :

  • L’apparition des symptômes dans un contexte de traumatisme violent, pouvant impliquer une déformation structurale de la colonne;
  • Les douleurs s’aggravent, elles sont présentes au repos et la nuit, et ne sont pas mécaniques;
  • Les douleurs s’accompagnent de signes neurologiques tels que des paresthésies ou des atteintes motrices au niveau du pubis, du périnée ou des membres inférieurs;
  • L’apparition des lombalgies de manière simultanée avec une douleur de poitrine aiguë, un état de fièvre, une perte de poids ou toute autre altération de l’état général inexpliquée;
  • Des antécédents tumoraux;
  • Enfin l’usage de corticoïdes ou de drogues en intraveineuse.

Parmi les lombalgies spécifiques, qui représentent moins de 1% des cas de lombalgies, on compte des affections plutôt courantes dont :

Les altérations osseuses

Comme les déformations de la colonne vertébrale chez l’adolescent et le jeune adulte, les scolioses et cyphoscolioses notamment :

  • L’arthrose vertébrale au niveau lombaire, à partir de 45 ans majoritairement, qui occasionne des lombalgies chroniques, évoluant par poussées, en alternance avec des périodes plus ou moins longues de rémission;
  • L’hyperostose vertébrale ankylosante, après 60 ans, qui correspond à la formation pathologique d’excroissances osseuses en forme de «becs de perroquets» appelées ostéophytes. Ils sont le plus souvent situés entre la cinquième vertèbre lombaire et la première vertèbre sacrée, mais peuvent apparaître à tous les étages vertébraux.

Les altérations du disque

Le disque intervertébral a un rôle d’amortisseur entre chaque étage vertébral. Pour assurer cette fonction, il est composé de plusieurs couches de cartilage fibreux qui retiennent une substance gélatineuse en son centre: le nucléus pulposus.

La hernie discale survient lorsque les couches externes de cartilages sont abîmées, et que la substance gélatineuse fait saillie à travers l’anneau fibreux. Elle entre alors souvent en contact avec les racines nerveuses émergentes situées en regard. La compression de celles-ci occasionnent non seulement des lombalgies, mais aussi des sciatiques.

Causes plus rares de lombalgies spécifiques

Il existe également des lombalgies spécifiques dues à des affections plus rares :

  • L’ostéoporose vertébrale, surtout chez les femmes ménopausées;
  • La spondylarthrite ankylosante, surtout chez les jeunes hommes;
  • Une origine urogénitale: les atteintes rénales irradient volontiers vers le rachis lombaire. Chez la femme, des menstruations douloureuses, de l’endométriose ou encore la ménopause peuvent provoquer des lombalgies. Chez l’homme, une tumeur ou une inflammation prostatique peuvent également les engendrer;
  • Une origine neurologique: par une compression de la moelle, un syndrome de la queue de cheval ou un syndrome du canal lombaire étroit.
  • La spondylite infectieuse, faisant suite à une infection grave telle que la tuberculose ou la syphilis;
  • Une origine tumorale rachidienne, souvent suite à des métastases de cancer du rein, du sein, de la prostate ou de la thyroïde;
  • Un anévrisme de l’aorte abdominale;
  • Un spondylolisthésis, d’origine traumatique ou congénitale.

2. Comprendre les causes et les évolutions des lombalgies communes

La majorité des lombalgies sont en lien avec des difficultés à effectuer certains mouvements, ou des sensations de blocage. On distingue deux types de lombalgies communes: elles se caractérisent soit par des douleurs de type inflammatoire, soit de type mécanique.

  • Les douleurs inflammatoires apparaissent de manière spontanée, sans être provoquées par un mouvement en particulier. Elles se manifestent généralement en deuxième partie de nuit, ce qui peut provoquer le réveil. Elles se caractérisent aussi par des raideurs matinales qui s’améliorent plus ou moins au cours de la journée.
  • Les douleurs mécaniques, plus fréquentes, apparaissent lors des mouvement du rachis lombaires au cours de la journée. Elles sont généralement faibles la nuit, suffisamment pour ne pas réveiller le patient. Elles atteignent toutefois leur paroxysme en fin de journée, ce qui gêne l’endormissement.

Parmi ces dernières, on compte les lumbagos ou "tours de reins", qui surviennent de façon brutale et se caractérisent par une sensation de blocage intense.

L’origine de ces douleurs est multiple. Elles sont l’expression d’un dysfonctionnement dans l’organisation posturale du corps, et elles surviennent lors de l’accumulation de facteurs de risques tels que :

  • Les efforts répétés comme le port de charges,
  • Les postures assise ou debout trop prolongées,
  • Les antécédents de traumatismes,
  • Le manque de sommeil,
  • Les antécédents de troubles psychosomatiques,
  • L’insatisfaction au travail,
  • Le manque d’activité physique,
  • Le tabagisme,
  • L’alcoolisme,
  • Le manque d’hydratation,
  • De mauvaises habitudes alimentaires.

Lombalgies communes et déséquilibre du bassin : comprendre le lien

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En lien avec ce déséquilibre postural, on retrouve le plus souvent une organisation des os du bassin en torsion ou obliquité, où les iliaques ne sont plus alignés sur un plan sagittal. Pour retrouver cet équilibre postural, le repositionnement des iliaques dans leur organisation physiologique est alors un préambule nécessaire.

Pour l’ensemble de la colonne vertébrale, le plateau sacré constitue la base, le socle sur lequel elle repose. Pour que la colonne lombaire, et le reste du rachis puissent fonctionner physiologiquement, il est nécessaire que cette base soit horizontale. Or l’horizontalité du plateau sacré n’est possible que si les «piliers» sur lesquels repose le sacrum, les iliaques, sont alignés.

Le déséquilibre entre les iliaques est très fréquent: il peut apparaître dès la naissance, avec une luxation congénitale de hanche ou un torticolis congénital. A 20 ans, on constate que 100% des patients testés ont un bassin en déséquilibre à moins d’avoir consulté plus jeune un professionnel qualifié en la matière.

Le rééquilibrage du bassin, première étape vers la guérison

Les lombalgies peuvent disparaître de façon pérenne à condition que l’équilibre entre les iliaques, et avec lui l’équilibre de tout le corps, soient en capacité de se maintenir dans le temps. Pour ce faire, le repositionnement dans l’espace des iliaques doit se faire par le corps: les repositionnements passifs, s’ils peuvent considérablement améliorer les symptômes à court terme, tiennent rarement dans le temps.

Le corps est capable de retrouver par lui-même (et pour lui-même) le cheminement vers cet équilibre. A l’aide de pressions spécifiques sur les points clefs des structures qui régissent l’organisation posturale, les praticiens de l’Ostéothérapie Méthode BounineTM invitent le corps à réinitialiser cette organisation.  Par un jeu de stimulation-réaction proprioceptive,  le corps est incité à entamer ce cheminement et à le poursuivre jusqu’à son terme: la tenségrité, ou la répartition harmonieuse des tensions.

Une fois le processus de réglage proprioceptif initié, tous les bassins en déséquilibre passent par les mêmes étapes afin de retrouver leur équilibre physiologique :

  1. L’iliaque le plus en rétroversion (celui dont l’épine iliaque postéro-inférieure - EIPS - est la plus basse) s’aligne progressivement avec l’iliaque controlatéral. Mais une fois que les EIPS des deux iliaques sont sur un même plan horizontal, on observe que l’antéversion de l’iliaque (initialement le plus rétroversé) ne se termine pas, mais continue. Du point de vue du praticien, l’EIPS la plus basse rattrape son opposée puis la dépasse.
  2. L’antéversion de l’iliaque initialement le plus rétroversé s’arrête. Désormais c’est l’iliaque opposé qui entame une antéversion pour s’aligner progressivement sur le premier. Là encore, les iliaques vont atteindre un alignement sur un plan sagittal et immédiatement le perdre: l’antéversion du deuxième iliaque se poursuivant au-delà de celle du premier. Du point de vue du praticien, l’EIPS «dépassée» à la première étape rattrape son opposée puis la dépasse à son tour.
  3. La troisième et dernière étape est similaire au début de la première: une fois l’antéversion de la deuxième étape achevée, l’iliaque initialement le plus rétroversé (et qui l’est à nouveau à l’issue de la deuxième étape) va entamer une nouvelle antéversion pour s’aligner avec l’iliaque controlatéral, cette fois jusqu’à l’équilibre. Du point de vue du praticien, les EIPS sont alignées sur un plan horizontal de manière stable à l’issue de cette dernière phase du processus d’alignement des iliaques par réflexe proprioceptif.

Les lombalgies chroniques

On parle de lombalgies chroniques lorsque la douleur dure depuis au moins trois mois, ce qui correspond à une prévalence de 5% à 10% des cas selon les estimations. Quelque soit la cause des lombalgies, le simple fait que la zone soit en souffrance engendre généralement un mécanisme de protection, caractérisé par la contraction réflexe des muscles et fascias environnants.

Le fascia thoraco-lombaire, qui s’insère (entre autres) sur les iliaques, le sacrum et le rachis lombaire, est un acteur prépondérant de ce phénomène, en particulier lorsque le bassin est disposé en obliquité. La contraction réflexe de ce fascia, ainsi que celle des muscles carré des lombes et para-vertébraux lombaires notamment, peuvent à leur tour être la source de sensations douloureuses: les lombalgies deviennent alors chroniques.

Dans de tels cas, les personnes en souffrance doivent souvent envisager d’améliorer leur habitudes de vie pour voir leurs symptômes s’amenuir, en plus des différentes approches thérapeutiques disponibles comme l’Ostéothérapie Méthode BounineTM. La motivation et la discipline du patient quant à l’observance des conseils prescrits sont des conditions sine qua non pour atteindre cet objectif.

Quelques conseils pour prévenir et soulager les lombalgies chroniques

Les bonnes habitudes à prendre sont simples dans leur exécution, même s’il n’est pas toujours facile de les adopter de façon systématique. C’est pourtant le meilleur moyen de se libérer des dorsalgies chroniques et de s’en prémunir. Toute la difficulté consiste à s’imposer une discipline quotidienne à suivre ces quelques préceptes élémentaires :

  1. Un apport hydrique quotidien suffisant, c’est à dire boire au moins 1,5L d’eau par jour;
  2. Un régime alimentaire équilibré et adapté à ses besoins, le surpoids est un facteur majeur de lombalgies;
  3. Un maintien postural assis ou debout conscient: la tête, les épaules et le bassin doivent être alignés sur un axe vertical. Le respect des courbes physiologiques du rachis (lordose cervicale, cyphose thoracique et surtout lordose lombaire) est essentiel;
  4. Un environnement de travail ergonomique, où le maintien postural assis et debout dans des conditions saines est facilité autant que faire se peut;
  5. Un temps de sommeil nécessaire respecté, avec un matelas et des oreillers adaptés, et idéalement avec un coussin sous les genoux pour dormir sur le dos;
  6. Une activité physique quotidienne suffisante, c’est à dire au moins 20 minutes par jour;
  7. Une sédentarité maîtrisée, avec les temps de piétinement ou en position assise limités, adaptés à ses capacités de récupération et entrecoupés de temps de marche, de mouvement.

Nombreuses sont les personnes qui souffrent de lombalgies chroniques depuis plusieurs années. Cette condition n’est pas immuable et la guérison est possible même après dix, vingt ou cinquante ans de souffrances. N’hésitez pas à en parler avec votre thérapeute ou à nous contacter pour obtenir plus d’information concernant l’approche de l’Ostéothérapie Méthode BounineTM.